Gutter : L’Art du Graff Tordu et Torturé

Temps de lecture: 4 min
Gutter's Gang 103X41cm (Acrylique & Aérosol) - Gutter

Gutter's Gang 103X41cm (Acrylique & Aérosol) - Gutter

 

— Salut, peux-tu te présenter ?

Gutter de mon sobriquet (qui signifie « caniveau » en anglais), je suis originaire du Gers (Gascogne, canard, tournesols). Je vis actuellement à Toulouse et j’ai 38 ans.

 

— Comment en es-tu arrivé à la pratique de cet art, depuis combien de temps pratiques-tu ?

Je dessine depuis que j’ai des doigts. À l’école, j’étais ce gamin au fond de la classe qui ne suivait absolument pas les cours et qui dessinait ses camarades et des BD. À l’adolescence avec une asso' de quartier, j’encadrais les jeunes pour peindre les murs de ma ZUP. À cette époque je peignais au pinceau (à l’acrylique), les bombes aérosols n’étaient pas courantes dans ma région. En 92, je suis monté sur Toulouse pour faire mes études en Arts Appliqués au lycée des Arènes. Cet enseignement m’a ouvert l’esprit, l’histoire de l’Art a contribué à élargir ma culture et à m’ôter des œillères. Puis, c’est dans le cadre d’un voyage scolaire à Paris pour la visite des musées, que j’ai trouvé dans une boutique le livre « Paris Tonkar ». Ce livre m’a fasciné et m’a motivé pour faire mes débuts dans le graffiti.

 

— Ton univers est sombre, peux-tu nous parler de tes inspirations ?

Mes influences remontent à l’époque de mon enfance. J’ai consommé énormément de comics américains de l’univers Marvel (Strange, Spidey, Titan, Nova...). Par la suite, ça a été la vision de toiles de maîtres (Turner, Géricault, Delacroix, Millet) et les films gore des années 80 (Street Trash, Bad Taste, Hellraiser). Le fait de jouer avec le clair/obscur, de contraster les zones sombres avec un petit effet de lumière, fait ressortir les volumes et accentue la profondeur dans une composition. Ça donne un côté dramatique à la scène représentée.

U.S. Patchwork 25X50cm (Acrylique & Aérosol) - Gutter

U.S. Patchwork 25X50cm (Acrylique & Aérosol) - Gutter

 

— Tes actus et projets ?

Plein de projets, notamment un visuel pour Abraxxxas.

 

— Que penses-tu du clivage entre artistes purement « street » et ceux qui visent les galeries ?

Ceux qui produisent uniquement dans la street sont vus de tous (peu importe les couches sociales, ethniques et religieuses), ils font ça par altruisme et passion. Les autres ne sont vus que par les passionnés du milieu graff' et par l’« élite », la démarche n’est pas la même, les visuels sont plus petits, ils doivent s’inscrire dans une zone délimitée et bien sur l’argent entre en jeu. Et il y a la troisième catégorie, ceux qui passent de la street aux galeries. Je pense que la motivation de chacun est différente, je ne juge personne, mais je suis convaincu qu’un visuel dans la rue a plus d’impact que dans une galerie.

 

— On a l'impression, après avoir vu quelques unes de tes œuvres, que le cinéma de Tarantino t'inspire, qu'en est-il ?

J’ai eu ma période Tarantino, ce qui me fascinait dans ses films c’est le contraste entre les scènes violentes et l’humour noir.

 

— Tu n'es présent nulle part sur les réseaux sociaux, nous supposons que c'est un choix, pourquoi cette absence de cette vitrine qu'est le net ?

C’est vrai que je ne suis pas très présent sur le net. Je trouve que plus quelqu’un est mis en avant, plus on s’en lasse vite. C’est l’effet de surconsommation, le téléchargement est illimité, on veut tout et tout de suite. Beaucoup de gens ont un téraoctet de films et de musique, qu’ils ne voient et n’écoutent pas. Avec Facebook et autres supports de communication, ça va trop vite, un jour tu es dans le coup, le lendemain t’es has-been. Je travaille pour moi, dans mon coin et je suis heureux comme ça.

01

Hulk vs Juggernaut - Gutter

 

— Et du coup, comment les gens peuvent voir tes nouveaux tafs ?

Chez moi.

 

— Est-ce que tu marches seul ou est-ce que tu appartiens à un crew ou collectif ?

Je travaille seul et collabore avec quelques collectifs : « Dirty Print » (atelier de sérigraphie), « Le Mouvement Graphique » (association de graffiti et communication visuelle), « L’Édition Populaire » (maison d’édition), « FNK Production » (streetwear).

 

— Si tu étais une chanson, un livre, un film ?

« Belachelijk » de Gikkels.
« Strange -n°186 » (épisode 216 & 217 de l’Araignée vs Le Fléau).
« Seul contre tous » (de , avec Philippe Nahon).

 


Dessins Noir & Blanc :


Vizuels & Affiches Couleurs :


Toiles :


Peintures/Graff' :

 

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11 commentaires sur “Gutter : L’Art du Graff Tordu et Torturé

  1. Bonjour,

    Je suis bluffée par votre travail, c'est délirant ! le trait, la couleur, l'imagination...
    Par contre je ne comprends dans visuels et affiches l'image 3 sur 10.
    Que veut t'elle dire ? avez vous voulu dire quelque chose ?
    Elle me choque car je me demande ce que vous vouliez dire sur cette image

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