Le Turk, Photographie et Franc-Parler

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Interview :

— On a cru comprendre qu'il y avait plusieurs réponses à cette question, on est curieux de voir celle que tu vas nous donner, pourquoi ce surnom de « Le Turk », alors que tu ne l'es pas ?

Pour vous, je vous livre bien entendu la vraie version. Le Turk, c’est simplement le surnom que j’avais quand je faisais des tournois underground de bras de fer. On me l’a donné après que mon adversaire en demi-finale se casse l’avant-bras.

 

— Quel est ton « modus opérandi » avant d'arriver au tableau final, dessines-tu ce que tu imagines afin de poser la vision avant de passer à l'action ?

Je dessine quand j’ai le temps… quand j’ai besoin de transmettre une idée précise à l’équipe. Mais de plus en plus, je laisse la séance se dérouler, rivé à mon idée, mais disponible à tout ce qui peut arriver pendant la séance. Quel emmerdement ce serait si mes séances étaient simplement la transposition photographique d’un dessin… La meilleure préparation, c’est rendre ton Signal le plus limpide possible, pour qu’il te guide, sans que tu aies besoin de te poser une seule question. Tout doit être évident.

 

— Si tu devais définir la photographie ou du moins ta vision de celle-ci en une ou deux phrases simples, ça donnerait quoi ?

La photographie, j’en ai rien à faire. Elle est ce qu’elle veut.  « Photo-graphie » veut littéralement dire écrire avec la lumière. C’est ce que je fais, sans me poser des questions sur cette discipline bâtarde, paumée entre la peinture et le cinéma.

 

— Beaucoup de tes œuvres semblent extraites d'un film, as-tu déjà été contacté par le monde du cinéma ?

Non, mais je suis en train de taper à sa porte en ce moment… Et si on ne m’ouvre pas, je rentrerai par la fenêtre.

 

— Au premier coup d'œil de néophytes on comprend que tu n'es pas seul responsable du résultat, que tu es épaulé pour les costumes, le maquillage et les décors. Dans la mesure du possible t’entoures-tu tout le temps de la même équipe ou préfères-tu multiplier les collaborations afin d'élargir le champ des possibles ?

Le champ des possibles s’explore justement en choisissant un cap et en le maintenant. Je suis le capitaine d’un navire. En ça, je suis justement le SEUL responsable du résultat. C’est à moi que revient la responsabilité du cap donné. Et pour maintenir un cap efficacement, oui, il faut un équipage solide et talentueux. Donc quand j’en ai un, je le garde.

 

— Quelle est la durée moyenne de réalisation d'une de tes photos, du moment où tu l'imagines à celui où tu la considères terminée ?

Ça dépend vraiment de l’image… ça varie entre deux et soixante jours.

 

— Un fantasme photographique (ou pas) que tu ne pourras t'empêcher de réaliser ?

Quelque chose d’irregardable, d’insupportable. Sombre, cru et violent. (J’ai déjà ma petite idée).

 

— Ta vision de la culture en France ?

Question beaucoup trop large… Nous sommes un vieux pays, issu d’une vieille et brillante civilisation qu’est l’Europe. Après, c’est impossible d’avoir du recul sur l’époque artistique que nous vivons. Ce qui va survivre, ce qui va passer à la trappe. Ce qui est sûr, c’est que je ne fais pas de distinction entre le « mainstream » et « l’alternatif » (deux termes que je te déteste), on peut être soumis et mauvais des deux côtés de la barrière, tout comme on peut être brillant. Seul constat historique qu’on peut se permettre de faire : depuis les années 50, la culture pop a pris le relais de la culture savante, c’est elle qui, selon moi, charrie toutes les problématiques humaines contemporaines (la culture savante ayant terminé sur l’urinoir de Duchamps…). En France, je vois beaucoup d’énergie, je vois des élites finissantes, du talent, rarement, mais c’est normal…

 

— Quelle est la question que tu aimerais qu'on te pose... Et quelle en serait la réponse ?

Celle ci... et je répondrai, qu’en plus de mon boulot, je vais pas me farcir le vôtre ! Trouvez-la, cette magnifique question qui me ferait plaisir !

 

— Si tu étais un livre ? Un film ? Une chanson ?

Un livre : Le Nouveau Testament
Un film : Amadeus de Milos Forman
Une chanson : Don’t Explain de Bllie Holiday

 

— Des projets en cours, des expositions à venir ?

Priorité : terminer Opera Mundi... Ensuite, en préparation, du cinéma... Et oui, bien sûr, des expos... où ça ? C’est encore en discussion, vous verrez !

 

— Le mot de la fin ?

Que Dieu vous bénisse. Vous ainsi que les hommes et les femmes de bonne volonté. Merci à vous.


 


 

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